120 000 poules sauvées des abattoirs de France par cette entreprise de Loire-Atlantique

Par

Lou Van Cauvenberghe


Publié le

5 août 2026 à 18h46

Un carton sous le bras ou une caisse en plastique. Mercredi 29 juillet 2026, sur le parking d’Animal Valley à Vertou (Loire-Atlantique), une petite dizaine de clients arrivent les uns après les autres. À l’arrière d’un camion aménagé, Thomas Dano, directeur de l’entreprise Poules pour tous, attrape les poules deux par deux pour les placer dans les contenants de ses clients. Entre 10 h et midi, une dizaine de rendez-vous sont programmés. Deux clients ne viendront finalement pas récupérer leurs volailles.

« C’est pour ça qu’on privilégie les réservations sur notre site internet. On transporte des animaux vivants, pas des produits inertes. On évite de faire voyager des poules pour rien. »

Thomas Dano, fondateur de Poules pour tous
Poules pour tous, sauvetage de poules
Sur les quelques clients cette journée-là, une petite fille est repartie avec ses deux nouvelles poules. ©HSM

Une seconde vie après les élevages

Toutes les poules présentes ce matin-là proviennent d’un élevage de Mayenne. Elles sont arrivées la veille à Montbert, où siège l’entreprise de sauvetage de poules. Là-bas, il y a un hangar permettant de les stocker avant leur distribution.

Créée en 2020, Poules pour tous rachète des poules pondeuses aux éleveurs lorsqu’ils vident entièrement leurs bâtiments pour effectuer leur nettoyage sanitaire annuel obligatoire.

« Les éleveurs n’ont pas le choix. Une fois par an, ils doivent entièrement vider leurs bâtiments pour respecter les normes. »

Dans la filière, ces poules, âgées d’environ un an et demi, sont généralement destinées à l’abattoir. Le directeur l’assure, « en France, près de 50 millions de poules pondeuses sont abattues chaque année ».

Pourtant, leur espérance de vie dépasse souvent cinq ans.

« Elles pondent un peu moins qu’en élevage professionnel, mais elles continuent à produire plusieurs œufs par semaine chez des particuliers. »

Dix fois mieux payées que pour l’abattoir

L’entreprise a construit son modèle économique autour de ce constat. Elle rachète les volailles aux éleveurs à un prix bien supérieur à celui proposé par les abattoirs (« dix fois plus cher »), avant de les revendre à 7 € l’unité aux particuliers disposant d’un jardin.

Aujourd’hui, Poules pour tous travaille avec près de 650 élevages bio, plein air ou Label Rouge dans toute la France. Neuf salariés travaillent à temps plein.

L’entreprise possède aussi cinq camions spécialement aménagés, « capables de transporter jusqu’à 1 320 poules pour le plus grand ». L’an dernier, près de 120 000 poules ont ainsi trouvé un nouveau foyer.

« Elles reconnaissent les visages »

Avant une adoption, les employés peuvent être amenés à donner des conseils aux nouveaux propriétaires, surtout aux novices.

« Les poules ont besoin d’au moins cinq mètres carrés chacune, d’un poulailler entretenu assez régulièrement et d’un accès permanent à l’eau. »

Et de préciser : « Elles vont s’adapter très vite. Ce sont des animaux beaucoup plus intelligents qu’on ne le pense. Elles reconnaissent les visages et recherchent le contact humain. »

L’entreprise insiste aussi sur la responsabilité qu’implique une adoption. Même si les animaux sont vendus quelques euros seulement, ils nécessitent quand même des soins. L’ensemble des conseils d’accueil est disponible sur le site internet de Poules pour tous.

Les ventes sont organisées directement au siège de l’entreprise à Montbert mais aussi dans plein de villes et communes de France.

Les prochaines distributions sont consultables sur le site de Poules pour tous et les réservations sont obligatoires.

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