ENQUÊTE. Pourquoi la disparition brutale des superpétroliers français pose un double problème

Si vous voyez un jour dans un port le Eagle Valence, prenez vite une photo, car il s’agira bientôt du dernier superpétrolier transportant du pétrole brut sous pavillon français. Dans le jargon maritime, on les nomme VLCC, pour very large crude carrier, en français les « très gros transporteurs de brut » . La définition d’un VLCC varie un peu, mais vous pourrez difficilement le rater : le Eagle Valence mesure 330 m de long.

Ces VLCC sous pavillon français connaissent une fin brutale. Selon les données de la DGAMPA (les Affaires maritimes, l’administration française), la France en comptait encore neuf il y a un an. Aujourd’hui, il n’en reste que deux. La raison est simple : la société Euronav France, basée à Nantes (Loire-Atlantique) en a vendu deux en avril 2025 à un client inconnu et cinq supplémentaires début 2026 à un acheteur sud-coréen.

Euronav France conserve le Donoussa mais plus pour très longtemps : le navire devrait rester sous pavillon français jusqu’à mi-2026. Nous ne savons pas encore si nous le vendrons mais nous n’avons pas l’intention de maintenir l’exploitation de superpétroliers sous pavillon français au-delà de cette date, indique à Ouest-France le groupe belge CMB.Tech, qui possède Euronav France.

Le sort de cette dernière est également scellé. CMB.Tech a engagé une procédure de consultation formelle avec le comité d’entreprise d’Euronav SAS concernant un projet de cessation des activités de la société, une décision qui découle directement de la vente de la flotte de pétroliers, précise encore le groupe.

Ce dernier avance que ces navires ne correspondent plus à notre trajectoire environnementale ni aux exigences du règlement maritime européen. La vente de ces navires permet de réinvestir dans des navires plus modernes et…

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