Le constructeur automobile Stellantis vient d’annoncer une perte de 22,3 milliards pour 2025. C’est la deuxième perte la plus lourde jamais enregistrée pour un groupe français. Quelles sont les autres entreprises qui viennent compléter ce triste podium ?
22,3 milliards d’euros, c’est le montant de la perte vertigineuse que les dirigeants de Stellantis ont dévoilé ce jeudi lors de la présentation des résultats de l’entreprise. Un désastre annoncé, alors le constructeur automobile avait évoqué plus tôt en février une charge exceptionnelle de 25,4 milliards d’euros, lié à son revirement stratégique concernant les véhicules électriques. Avec cette annonce, l’entreprise se hisse deuxième au classement des pires pertes de l’histoire industrielle. Le Figaro revient sur cinq autres déconvenues financières, de ces dernières années.
Vivendi Universal éclate avec la bulle internet – 23,3 milliards d’euros de pertes en 2002
Vivendi Universal, devenue Vivendi, occupe depuis près de vingt-cinq ans la première place du palmarès. Avec l’éclatement de la bulle internet, les acquisitions de Vivendi se dévalorisent. En 2001, l’entreprise annonce une première perte de 13,6 milliards d’euros et plonge dans une grave crise de liquidité. Débarqué, le PDG d’alors, Jean-Marie Messier, est remplacé par Jean-René Fourtou. Celui-ci s’empresse d’enregistrer 21,3 milliards de dépréciations d’actifs et de valeurs en portefeuille (dont Vivendi Universal Entertainment, Universal Music Group et Canal +). En 2002, la perte affichée est donc colossale: 23,3 milliards. Mais Jean-René Fourtou se veut rassurant: «2003 sera une année de transition et de progrès économique et financier». Promesse tenue: encore des pertes en 2003, mais de «seulement» 1,1 milliards d’euros.
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France Télécom, autre victime de la bulle internet – 20,7 milliards d’euros de pertes en 2002
France Télécom (Orange) est dans une situation financière désastreuse au début des années 2000. Après une politique d’acquisitions effrénée menée par son patron Michel Bon, l’entreprise de télécommunications est pénalisée par sa dette de près de 70 milliards, l’une des plus élevées au monde. Appelé à la rescousse, Thierry Breton a quelques mois pour redresser la barre. Hasard du calendrier, deux jours avant Vivendi Universal, France Télécom annonce une perte de 20,7 milliards d’euros pour 2002. Avant d’être supplantée par Vivendi Universal, France Télécom a donc tenu le record de la plus grande perte, pour quelque 36 heures. «Je ne me sens pas en compétition avec mon camarade Thierry Breton», avait ironisé devant la presse Jean-René Fourtou.
Année noire pour EDF – 17,9 milliards d’euros de pertes en 2022
Vingt ans après Vivendi Universal et France Télécom, EDF enregistre la troisième plus grosse perte de l’histoire récente en France. Début janvier 2022, l’entreprise publie les résultats annuels de l’année écoulée: 17,9 milliards d’euros de perte, et un endettement financier à hauteur de 64,5 milliards d’euros. En cause, les déboires de son parc nucléaire mais aussi sa contribution forcée au «bouclier tarifaire», mis en place par le gouvernement pour lutter contre la flambée des cours de l’énergie consécutive à l’invasion russe en Ukraine.
La crise financière fait voler en éclat Dexia – 11,6 milliards d’euros de pertes en 2011
C’est un record dans l’histoire des banques françaises. La banque franco-belge Dexia publie une perte de 11,6 milliards d’euros en 2011. Après un premier sauvetage en 2008 lors de la crise des subprimes , elle se retrouve de nouveau en difficulté avec l’aggravation de la crise de la dette souveraine européenne en 2011. Le montant de cette perte s’explique par son exposition à la dette grecque, nécessitant une provision de 3,4 milliards d’euros. Elle doit aussi céder Dexia Banque Belgique et Dexia Municipal Agency, respectivement reprises par les États belge et français – ce qui lui coûte près de 4 milliards. Un véritable fiasco, qui a coûté cher à la France, à la Belgique et au Luxembourg.
Renault et la fin de l’alliance Renault-Nissan – 10,9 milliards de pertes en 2025
En 2020, Renault avait déjà subi une perte de 8 milliards d’euros, sur fonds de crise sanitaire – une première pour un constructeur automobile -, pénalisé par la chute des ventes et les difficultés de son partenaire Nissan. En janvier, le groupe français a publié ses résultats pour 2025, affichant une perte nette de 10,9 milliards d’euros. Elle est liée à une révision attendue de la valeur de ses parts dans Nissan, à la suite de la fin de l’alliance qui avait été nouée entre les deux constructeurs depuis 1999 et mise à mal par les déboires de Carlos Ghosn en 2018. Une annonce qui a éclipsé les bonnes performances du groupe, par ailleurs meilleures que celles de ses concurrents.

